PEUR
SUR LA VILLE !
La ville capitaliste trouve son serviteur en la personne
du préfet Haussmann. Son urbanisme répond
à de nombreux critères du capitalisme triomphant,
entre autres le sécuritaire. L'objectif est d'empêcher
les émeutes et les barricades dans les petites
rues, par la création de grandes voies publiques
où l'armée peut utiliser ses canons et sa
cavalerie :
‘La création des grandes artères parisiennes
du Second Empire découle d'un souci d'urbanisme
militaire et hygiénique : donner de l'air à
la ville, mais aussi faciliter les charges de cavalerie
pour réprimer les émeutes’ (Michel
Ragon : L'homme et les villes . Ed. Albin Michel)
Depuis
cette époque, la ville est restée un enjeu
entre le pouvoir de la bourgeoisie et une population jugée
dangereuse et rebelle. Il faut attendre l'arrivée
de nouvelles technologies pour voir évoluer l'intérieur
de nos villes, avec l'arrivée de la vidéo
surveillance. Objectif : voir les quidams sans être
vu d’eux. Ce n'est pas simplement voir, c'est avant
tout faire savoir que le pouvoir vous regarde.
La présence de caméras de vidéo-surveillance
n'a pas uniquement comme fonction de voir ce qui se passe
dans l'espace public. Elle est avant tout là pour
que chacun intériorise le fait qu’il est
surveillé dans ses moindres déplacements,
qu'il doit avoir un comportement irréprochable,
qu'il doit s'auto-contrôler
en permanence : Tout ce que vous pourrez faire pourra
être retenu contre vous ! D'où une avalanche
de lois sur le sécuritaire public. D'où
le projet de loi 1942 dont voici le texte intégral
:
Article
1er
Toute
personne allant et venant dans l'espace public, doit avoir
le visage découvert et porter des vêtements
et accessoires permettant aisément sa reconnaissance
ou son identification.
Article
2
Est
puni de 2 mois d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende
la violation du principe mentionné à l'article
1. Est puni de la même peine l'incitation à
violer le dit principe.